7 octobre : l’amour plus fort que la mort

Le soleil se couche, tout est silencieux, sauf ce bruit de bottes, au loin, près du Liban. Aujourd’hui, des roquettes sont tombées pour la première fois près d’ici, au nord de cette jolie maison plantée dans le kibboutz moderne de Ramot Menashe, au sud de Haïfa. Le Hezbollah répond avec les moyens du bord aux coups de boutoir de l’armée israélienne. Ben et Gali servent des cafés. Il a 30 ans, elle, 27. Ils sont assis sur leur petite terrasse, à l’abri d’un auvent, autour d’une table basse. Leur jardin embaume de parfums fleuris. La pelouse est tondue. Gali regarde Ben. Ben regarde Gali. Elle est aussi brune qu’il est blond, ses yeux sont aussi noirs que sont bleus ceux de Ben. Chacun finit les phrases que l’autre commence. Ils se connaissent depuis huit ans. Il a longtemps été footballeur semi-­professionnel en deuxième division. Elle est diplômée ­d’architecture. Ils sont très amoureux et il leur manque à chacun la jambe droite.

L’année dernière, pour l’anniversaire de Ben, né en octobre, le couple décide ­d’aller au festival Tribe of Nova. Les amoureux achètent les tickets deux jours avant la fête et se rendent sur les lieux en voiture avec le frère de Ben et des amis. Ils comptent retrouver sur place une copine d’enfance, Shani, qui travaille à Nova à l’accueil des festivaliers. Ils arrivent vers 1 heure du matin, saluent Shani à l’entrée, puis plantent leur tente. Ils comptent danser et rester sur les lieux jusqu’au lendemain après-midi.

Gali et Ben vivent au nord du pays, ils ne savent pas que la rave est située à 5 kilomètres à peine de la bande de Gaza. Le couple retrouve leurs amis dans la tente centrale, colorée de bleu et de rose : en tout, une quarantaine de personnes. Vingt-six d’entre elles seront assassinées dans la journée. Pour l’heure, l’ambiance est magique, la musique, puissante. Les vibrations des basses traversent les corps dénudés qui communient dans une forme de transe en plein désert. « C’était la plus grande et la plus belle rave organisée en Israël », se rappelle Gali, dont la prothèse est cachée par un pantalon blanc. Les amoureux ne prennent aucune drogue, contrairement à beaucoup d’autres autour d’eux. Mais ils dansent, dansent sans jamais s’arrêter.

Tous ignorent que la menace ne vient pas seulement du ciel

Entre une et deux fois par semaine, des séances d’hydrothérapie pour renforcer les muscles des jambes. Le 4 mars.

Entre une et deux fois par semaine, des séances d’hydrothérapie pour renforcer les muscles des jambes. Le 4 mars. Polaris / Starface / © Ziv Koren

À 6 heures du matin, Shani, qui a fini son service, les retrouve. La petite troupe s’apprête à regagner les tentes pour se reposer quand les premières roquettes tombent du ciel. Il est 6 h 29. Tous les Israéliens sont habitués aux tirs de roquettes depuis Gaza. Mais cette fois-ci, les jeunes comprennent que quelque chose d’anormal se déroule devant leurs yeux. Il y a beaucoup plus de roquettes que d’habitude. Le Hamas en tirera 4 000 dans la journée. Le Dôme de fer, système antimissile israélien, se met en action. En une seconde, l’atmosphère festive de la rave s’évapore : des gens paniquent, courent, certains se jettent à terre. Sur la terrasse de sa maison, Gali s’allume une cigarette en caressant le moignon de sa cuisse : « On est passé de la gaieté à l’enfer en un claquement de doigts. Un film d’horreur. » Les amoureux et leurs amis décident de quitter la fête sans attendre. Ils rejoignent les ­véhicules. Le groupe se scinde en deux : dans une voiture, le frère et ses amis, dans une autre, Ben, Gali, et Shani.

Le soleil se lève et les voitures roulent dans le désert broussailleux, en file indienne, dans les lueurs orangées de l’aurore. Le frère de Ben a pris cinq minutes d’avance. Il quitte enfin la piste et s’engage sur la route 232, vers le nord, qui serpente entre les exploitations agricoles et les lits de rivières asséchées. « On se parlait au téléphone avec mon frère, et soudain on a entendu des cris et des coups de feu, raconte Ben. Mon frère m’a dit qu’ils se faisaient tirer dessus, qu’il ne fallait pas qu’on prenne la même direction qu’eux. » La voiture du frère est touchée par cinq balles à proximité de la ville de Netivot. Par chance, personne n’a été blessé et l’auto a pu continuer à rouler 5 kilomètres avant de tomber en panne. Si elle s’était ­arrêtée immédiatement, ses occupants auraient été massacrés. Le frère et les amis se cachent dans une cave avec dix autres personnes. Ils seront « libérés » par une unité de l’armée dans la soirée.

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Ben, Gali et Shani viennent de s’engager à leur tour sur la route 232, mais ils écoutent les conseils du frère et font demi-tour. Ils se dirigent vers le sud quand, sur le bas-côté de la route, un policier leur fait signe de s’arrêter devant un « miklat », ces petits abris de béton armé, qui parsèment le territoire israélien. « Quand on est entrés dans l’abri, raconte Gali, on s’est senti en sécurité. Il y avait un flic, on était protégé par le béton. Tout allait bien. » Tous ignorent que la menace ne vient pas seulement du ciel. Même Ben et Gali, ­pourtant avertis par le frère de Ben, n’ont pas réalisé que près de 1 500 hommes du Hamas sont en train de semer la mort partout dans leur sillage. Dans l’abri, une dizaine de personnes attendent la fin de l’orage d’acier. À l’extérieur, le policier arrête beaucoup de véhicules et ils sont bientôt une ­quarantaine à ­s’entasser dans le miklat. Quelques minutes plus tard, ils entendent les premiers tirs d’armes automatiques.

D’abord au loin, puis qui se ­rapprochent. Ils perçoivent aussi des explosions de grenades qui font vibrer les murs. Les combattants du Hamas sont presque déjà là. Ils échangent des coups de feu avec le policier à l’entrée. Dans le miklat, des gens paniquent, d’autres se demandent si c’est l’armée qui arrive. Le chaos est total. Certains appellent leur famille pour dire des mots d’amour. Shani contacte sa mère, lui explique qu’elle est à l’abri. Gali ne parvient pas à joindre la sienne. Il est 7 heures du matin. Le policier est mort. Les hommes du Hamas se déchaînent sur l’abri. Ces blocs de béton sont conçus pour résister à des roquettes. Ils ne disposent pas de porte.

À découvert, les silhouettes à l’entrée s’effondrent, d’autres se pressent vers le fond. Ben et Gali sont collés l’un à l’autre. Ils se promettent qu’ils s’aiment et se disent adieu. Soudain, Ben voit le bout d’une arme dépasser du muret de protection et cracher le feu. Des détonations, des cris. Au même moment, il remarque une grenade rouler. Quatre seront lancées par les terroristes. Trois explosent. Ben et Gali perdent simultanément connaissance. Ils sont tous les deux touchés à la jambe droite et ont des impacts d’éclats sur tout le corps. Ils se réveillent quinze minutes après. Shani a disparu. Tous les gens dans l’abri sont morts ou blessés. Ceux qui pouvaient sortir sont déjà partis. Plus tard, en parlant avec les survivants, Ben et Gali ont reconstitué les faits. Vingt-six personnes sont mortes dans l’abri. Treize ont survécu. Shani n’a pas été ­blessée par la grenade. Au téléphone, sa mère l’a imploré de s’enfuir. Elle croyait que Ben et Gali étaient morts. Mais dehors, les terroristes étaient encore là. Elle a pris trois balles dans une jambe, mais a réussi à remonter dans sa voiture. Elle est repartie vers les lieux de la rave. Un secouriste lui a fait un garrot, puis elle s’est cachée dans une ambulance de l’organisation. Les terroristes sont arrivés sur place, ont tiré au lance-roquettes sur l’ambulance. Les dix-huit personnes présentes ont été tuées. Parmi elles, Shani.

Pour leur mariage, ils ont appris à danser le slow avec leurs prothèses

Leur plus beau jour. Selon la tradition, le marié a brisé un verre avec sa jambe droite. Gali, elle, avait une prothèse couverte de perles et de sequins. Le 25 juillet.

Leur plus beau jour. Selon la tradition, le marié a brisé un verre avec sa jambe droite. Gali, elle, avait une prothèse couverte de perles et de sequins. Le 25 juillet. Polaris / Starface / © Ziv Koren

Dans l’abri, Ben appelle son frère, lui dit qu’il a perdu beaucoup de sang. Sa jambe est arrachée, celle de Gali tient encore par des lambeaux de chair. Son frère lui explique comment faire un garrot, mais Ben n’a plus de force. Sur sa terrasse, Ben se lève. Il porte un short, sa prothèse se tend et il s’approche pour montrer sur son téléphone une vidéo de la quatrième grenade qui n’a pas explosé et une image de sa jambe broyée, puis il se ­rassied et se roule un joint : « C’est bon pour les douleurs fantômes », souffle-t-il. Dans l’abri, Gali essaie de se relever, mais elle comprend qu’elle est gravement blessée : « Je n’ai plus de jambe ! » hurle-t-elle. Ben tente de la calmer : « Garde tes forces, ne crie pas, si c’est notre destin de mourir ici, au moins, on est ensemble. Je t’aime. » Dans l’enchevêtrement des corps, les odeurs de poudre et de sang, les amants acceptent leur sort : ils ont compris que c’était terminé pour eux.

Le temps s’étire, Ben et Gali attendent la fin, tandis que dehors, les tirs redoublent. Soudain, un homme en uniforme entre dans le miklat. C’est un policier des forces spéciales israéliennes. Il est accompagné d’un civil. Deux autres policiers arrivent en renfort. Gali attrape l’un deux par les pieds et crie « Sauve-nous ! ». Il extrait d’abord Gali et la place sur la banquette arrière d’une voiture civile. « Prends Ben aussi ! » supplie Gali. Le policier fait un aller-­retour dans l’abri et revient avec un autre blessé. Un homme. Mais ce n’est pas Ben. « Ça semble presque burlesque quand je raconte ça maintenant, mais dans la voiture, moi, je croyais que Ben était mort et que le policier avait choisi de sauver quelqu’un d’autre. » La voiture part en trombe vers l’hôpital où Gali sera amputée dans le service de chirurgie d’urgence.

Ben attend le retour du policier un certain temps. Quand il est à son tour extrait de l’abri, on le dépose sur le bord de la route. Il remarque le corps du policier qui les avait arrêtés pour les mettre en sécurité. Des terroristes gisent aussi sur le sol. Il aperçoit enfin une jeune femme allongée contre l’abri, de dos. Elle porte un short noir et un petit top noir. Exactement comme Gali. Elle est morte : « Je ne voyais pas son visage, j’ai pensé que c’était Gali, qu’elle était morte et que le flic l’avait déposée là. » Le policier arrête une nouvelle voiture de civil pour évacuer Ben. Le conducteur ­s’appelle Michael. Il vient lui aussi de la rave. Avec le policier, ils essaient de le faire monter dans la voiture, mais Ben refuse : « Je voulais qu’ils emportent le corps de Gali avec moi. Ils m’ont dit d’accord et sont revenus avec une autre femme blessée au ventre. Ce n’était évidemment pas Gali. »

Dans l’abri, Gali hurle: «Je n’ai plus de jambe!»

La voiture démarre. Au rond-point de Sa’ad, au bout de la route sanglante, un volontaire paramédical est embusqué, arme au poing, au côté d’un policier. Il s’appelle Adam. Il y a encore des terroristes partout. Ben et la jeune femme blessée au ventre ont perdu connaissance. Michael demande au volontaire, de l’aider. « Impossible, répond l’infirmier : il y a encore des terroristes qui arrivent. » Michael insiste : « Ils sont en train de mourir dans ma voiture ! Ausculte-les ! » Adam soupire et court prendre sa trousse de premiers secours. Il cherche le pouls de la jeune femme, ne trouve rien. Elle est morte. Ben, lui, respire encore, mais se vide de son sang. Adam lui fait un garrot. Serre la bande autour de la plaie. La douleur réveille Ben. Il hurle. « Je suis en train de te sauver la vie », lui répond Adam pour le faire taire. Dans un souffle, Ben susurre que sa copine est morte. Adam croit qu’il parle de la fille qu’il vient d’ausculter, qu’il a agi trop tard. Il se met à pleurer. Il aide Ben à entrer dans une ambulance stationnée plus loin. C’est la dernière à évacuer les lieux. Le secteur sera complètement bloqué après son départ et attaqué lui aussi. Il est 9 heures du matin. Plus aucun véhicule ne quittera cet endroit avant 16 heures.

Au centre médical de Soroka de Beershebva, Ben est sorti de l’ambulance à moitié inconscient et des dizaines de personnes se jettent sur son brancard, brandissant des photos de leurs proches disparus affichés sur leur téléphone portable : « Tu as vu cette personne ? » « Je pleurais, je ne savais pas quoi faire. » Il est immédiatement amputé.

En salle de réveil, les brancards sont alignés derrière des rideaux. Aucun nom sur les lits. Nul ne sait qui est qui. Gali se morfond : « Je me disais que j’étais partie avec lui et rentrée sans lui, que c’était horrible, il était mort, et pas moi. » Amputée, en larmes, Gali est transportée dans une autre chambre, plus grande, avec plusieurs lits. Il est 23 heures, 1 200 personnes ont été tuées en Israël ce jour-là. Soudain, une lueur aveuglante inonde la nuit dans laquelle sont plongés les amants de Nova. Gali tourne la tête : « Et là, à deux lits de moi, je vois Ben ! Vivant ! » Épuisés, en larmes, les amoureux se font un signe de la main en souriant puis ­s’évanouissent. Leurs cerveaux, leurs cœurs, sont à bout.

Ben et Gali souffrent des mêmes blessures, psychiques et physiques

Les amoureux à Venise cinq mois avant la tragédie. Ben demande Gali en mariage.

Les amoureux à Venise cinq mois avant la tragédie. Ben demande Gali en mariage. © DR – Ziv Koren

Ils se réveillent quand leurs familles arrivent. « Des dizaines de gens ouvraient les rideaux pour savoir si c’était leur proche qui était là. Moi, c’est ma sœur qui m’a trouvée. Je n’arrivais pas à parler », confie Gali. Le père de Ben, fervent supporter de son fils footballeur, et qui n’a jamais raté aucun de ses matchs, n’a pas su trouver un mot à dire quand il a vu que celui-ci était amputé. « Il m’a demandé : “Tu vas bien ?”, je lui ai montré ma jambe et j’ai pleuré. Il est presque tombé dans les pommes. »

La rééducation de Gali est plus difficile, plus longue que celle de Ben. Elle a une infection qu’il faut traiter. Le lendemain de l’attaque, ils sont transférés dans un hôpital du nord du pays, plus proche de leur famille. « Depuis ce moment, on est toujours ensemble. » Gali est opérée à quatorze reprises, dont quatre au bras pour des blessures par éclats. Ben subit trois opérations. Un mois et demi plus tard, ils ne sont plus en danger et entament un long travail de reconstruction au centre médical de Tel-HaShomer. « On pensait qu’on allait passer le reste de nos vies en chaise roulante », rapporte Ben. Des blessés, amputés, leur rendent visite : « Un mec de mon âge avec une prothèse m’a dit qu’il pouvait courir et même skier. J’ai souri. C’était la première fois depuis des semaines. » L’équipe de handifoot d’Israël rend visite à Ben. « Dans six mois, il y a l’Euro de handifoot à Évian. Tu vas jouer avec nous », lui propose-t-on. « Je me suis dit, ce gars est fou. De quoi parle-t-il ? J’ai finalement disputé tous les matchs avec eux. » Les tourtereaux se sont trouvé une bonne motivation pour réparer leurs blessures. Ils ont décidé de se marier à la seule condition qu’ils puissent marcher et danser.

« On s’est donc donné neuf mois pour y arriver, sourit Gali. On avait constamment la date du mariage en tête. On a appris à danser le slow avec nos prothèses pendant la physiothérapie. Et puis, on a réfléchi à notre histoire. La grenade qui n’a pas explosé, la dernière ambulance pour Ben, l’infirmier qui a, in extremis, posé un garrot. Il y a eu plusieurs miracles. Alors d’accord, on n’a plus de jambe droite, mais au fond, ce ne sont que des jambes. » Ben et Gali souffrent des mêmes blessures, psychiques et physiques, ils se comprennent sans rien avoir à dire, luttent ensemble contre les cauchemars, Ben qui se voit tomber sans fin, les suées nocturnes, les douleurs fantômes de ces jambes absentes. Ben avait demandé sa main à Gali à Venise, sur une gondole, en présence d’un chanteur de sérénade. Neuf mois après le 7 octobre, le mariage se déroule à Netanya. La star locale Shlomi Shabat a promis qu’elle viendrait.

Elle tient parole. Gali voulait se marier sur l’un de ses airs connus. Toujours très occupée, la meilleure amie Shani avait demandé à Gali de se marier un jeudi, seule journée où elle pouvait se déplacer, « sinon je ne viendrais pas », blaguait-elle. En sa mémoire, Gali et Ben se sont mariés un jeudi. Ils ont quitté Tel-Aviv, devenu trop agité pour eux. Gali prodigue des conseils sur les réseaux sociaux, Ben a ouvert une société immobilière. Ils font des conférences ensemble, s’apprêtent à ­partir à Mexico pour revenir sur leur histoire. Ils rêvent que cette guerre se termine et qu’un point final soit mis à la liste de ses victimes. Le lendemain de notre rencontre, plus de 500 Libanais seront tués par des bombardements israéliens.

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Par Joseph GARCIA

Responsable édition

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