
Retraité depuis une semaine, le troisième ligne du SCA Vincent Calas revient sur sa décision de stopper sa carrière, et évoque ses 12 années albigeoises.
Pourquoi cette retraite soudaine ?
En réalité, ça faisait un mois et demi que c’était dans les tuyaux. Ce choix est forcément dû à mon âge, ma situation personnelle, professionnelle et familiale, et aussi à une opportunité. On m’a proposé de devenir cadre commercial chez Man, le constructeur de véhicules commerciaux. On dit que le train ne passe qu’une fois, je ne souhaitais pas le rater.
Vous sentiez que c’était le moment d’arrêter ?
J’estime que j’ai fait assez de sacrifices durant toute ma carrière. J’ai 33 ans, mais je suis dans le rugby depuis l’âge de 6 ans, au haut niveau depuis mes 16 ans. Le rugby reste quelque chose de passager, malheureusement. Le plus difficile est de laisser les potes. Il se passe vraiment quelque chose cette année dans ce groupe albigeois. Ça me coûte de lâcher l’équipe à ce moment de la saison, mais je ne pouvais pas refuser ce poste. À la base, je devais me retirer après Chambéry (18 octobre, ndlr). Mais contre Rouen, j’ai fait une seconde commotion, et j’allais être éloigné un temps des terrains. Alors intelligemment, le club s’est mis d’accord avec ma nouvelle boîte pour que je parte plus tôt, et que je sois inscrit à une formation en interne, au siège social à Evry.
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Comment avez-vous vécu vos derniers instants au SCA ?
Difficilement parce que je suis rentré sur le terrain contre Rouen en sachant que ce serait mon dernier match au Stadium. Très peu de joueurs le savaient. Le club m’avait demandé de le garder pour moi, et ça aussi, ça a été difficile de ne pas pouvoir le dire. J’étais ému en rentrant sur le terrain, et j’avais du mal à retenir mes larmes à la sortie. D’autant que j’ai cru à la victoire pour la der à la maison… (23-23). Heureusement que c’est Benjamin Pehau qui met la pénalité de l’égalisation pour Rouen. Je suis allé le voir à la fin et je lui ai dit : « Si ça n’avait pas été toi, j’aurais pu insulter le buteur pour m’avoir enlevé ce plaisir de gagner pour ma dernière » (rires).
Vous regrettez de ne pas avoir pu partager votre décision ?
C’est comme ça, on ne contrôle pas tout. J’aurais aimé la partager évidemment, au moins aux gars de l’équipe. Je l’ai finalement annoncé à Tarbes, et ça a jeté un froid dans le vestiaire malgré la victoire (20-14). Mais les gars sont venus me voir, certes surpris, mais avec de beaux messages pour me féliciter et me souhaiter bon courage. Je suis arrivé à Albi sur la pointe des pieds, et j’en repars ainsi. Mais j’aurais le plus grand des plaisirs à revenir régulièrement au Stadium.
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Quand vous prolongez votre contrat d’une saison l’an passé, vous aviez déjà réfléchi à votre reconversion ?
Ça fait quelque temps que j’y pense. Je n’ai pas un bagage de formation et quand je signe, honnêtement, je n’avais même pas décidé si ça allait être ma dernière saison ou non. Je voulais en tous les cas trouver une formation en parallèle du rugby.
Vous avez souvent dit : « Si je dois continuer à jouer au rugby, c’est Albi ou rien. » D’où vous vient ce profond attachement au SCA ?
Je dois tout à ce club. Il m’a lancé dans le milieu professionnel à l’époque d’Henry Broncan. Le SCA m’a fait grandir, et je l’ai aussi vu grandir. J’ai créé des liens avec beaucoup de personnes, devenues de véritables amies. Et quand tu te donnes à fond, les gens te le rendent.
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Que retenez-vous de vos 12 saisons passées ici ?
Que du bon. Chacune a été différente, avec ses groupes, ses histoires sportives. Chaque entraîneur que j’ai connu a apporté au club et m’a apporté. Je garde aussi un très bon souvenir d’Aubenas (2016-2017). Puis Arnaud (Méla) m’a appelé pour revenir au SCA, et j’ai passé quatre magnifiques années, avec ces accros de la montée que tout le monde connaît (sourire). Et il y a eu le nouveau souffle avec Mathieu Bonello et Alex Albouy.
Votre départ va néanmoins laisser un grand vide pour la touche, c’était quand même votre domaine…
C’était mon truc car il fallait que je serve à quelque chose sur un terrain (rires) ! Pousser en mêlée, avec mon gabarit… Par contre, je suis facile à lifter et je suis grand, alors c’était réglé. Et puis j’ai toujours adoré cet aspect d’étude de l’adversaire, de notre alignement aussi, même si je n’y passais pas des heures comme Arnaud Méla ou Mathieu Bonello. Pour la suite au SCA, je ne me fais pas de souci. Il y a des mecs comme Jonathan Kpoku, Simon Méka, Mattéo Coustalat, Yanis Horvat… Je ne suis pas irremplaçable.
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Sinon, comment se passent vos premiers pas dans votre nouvelle vie ?
Plutôt bien. Pour le moment, je suis en formation pendant 15 jours. Ma première semaine a été intense. D’ailleurs c’était assez marrant le tour de table pour se présenter lundi. Quand j’ai dit que le vendredi, j’étais sur un terrain de rugby, on m’a regardé avec de grands yeux ! Une fois que j’aurais fini cette formation, je serai à l’essai pendant quatre mois, et titularisé si tout roule. Je vais gérer le secteur Tarn-et-Garonne, ainsi que le nord du Tarn, en étant rattaché au Man, à Saint-Jory. En tous les cas, je suis déjà configuré camions !
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